Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 21 mai 2018

Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout, va, refuse ce monde.

 

Égoïste comme je suis, j’aimerais que la vie de chacun soit changée, comme elle l’est pour moi. Naïvement et à peine inconsciemment, j’aimerais que le monde s’arrête de tourner le temps que je guérisse et que le plus proche soit solidaire.

 

Ressentis de LA soirée de l’année en étant malade : je tremblais en arrivant, j’étais stressée et gênée. Je me suis sentie « à côté ». Est-ce que j’étais vraiment à ma place ? Peut-on réellement faire ce qu’on veut, quand on peut, en ayant un cancer ? La réaction des autres peut dissuader. Ce n’est pas hyper facile d’adopter la meilleure des philosophies de vie que j’ai nommée « I don’t give a fuck » lorsqu’on est seul face à la maladie. Oui, parce qu’on est seul, peut importe à quel point on est entouré. On souffre seul dans nos chairs et surtout, on meurt seul, c’est ça le plus flippant et c’est ça qui dérange, c’est ça que les gens ne veulent pas entendre. Samedi soir, j’avais peur que certains potes ne me reconnaissent pas, ce qui est arrivé, ça blesse mais il y a pire. J’ai été touchée par ceux qui étaient sincèrement heureux de me voir et par leurs paroles pleines d’encouragements, de bienveillance et d’amitié. Et j’ai été déçue par ceux qui n’osaient pas me regarder, je veux dire vraiment me regarder et qui fuyaient mon regard. La maladie fait peur, alors, je fais peur ? Ou alors est-ce tout simplement qu’étant donné que je n’ai plus de cheveux, je ne suis plus jolie, je suis moins baisable et donc je suis moins intéressante. Le physique est crucial et la beauté d’une femme se résume à une grande touffe sur la tête. Par contre, je n’ai plus de poils à la chatte, est-ce que je gagne des points sur l’échelle de la féminité ? Comment ça se passe ?! Que quelqu’un m’explique. J’ai l’impression que certains sont mal à l’aise car je renvoie l’image que nous sommes tous mortels et que la vie peut devenir tout à coup très compliquée, même à 28 ans.

 

Sensiblement, j’ai ressenti ce qu’on éprouve lorsqu’on ne boit pas durant une soirée alcoolisée : 22h est l’heure critique où il devient compliqué de parler avec les gens et où le fossé se creuse. Jusqu’à minuit (heure à laquelle on venait me chercher, merci encore les Chatons), le temps a été long et j’avais hâte de partir. Je ne regrette (finalement) pas d’y être allée, je me suis tout de même sentie moins isolée et presque normale par moments.
Merci à M. et M. d’avoir été de supers copines, d’avoir passé une bonne partie de la soirée avec moi et surtout d’avoir posé le même regard sur moi qu’avant ma maladie.

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