Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 15 octobre 2018

J+4 dans ma nouvelle vie sans tumeur.

Mercredi 10 octobre 2018, rendez-vous à 7h45 au service de chirurgie ambulatoire de l’hôpital.

 

 

Une infirmière me presse pour que j’enfile ma tenue bleu que je garderai toute la journée, elle ne se présente pas, ne prend pas la peine de me dire qu’il y a une culotte en filet (sex) dans la salle de bain ou encore, de me changer ma blouse qui ne se ferme qu’avec un bouton en haut du dos. Je traverserai donc l’hôpital pour rejoindre le service de radiologie avec mon châle sur les épaules, histoire de conserver le peu de pudeur qu’il me reste. Un brancardier m’installe dans un coin d’un couloir, je suis là dans ma blouse et j’attends pendant un bon moment la radiologue qui me fera le ‘repérage’. On me fait une échographie du nichon pour trouver la position de la tumeur et du clip posé dessus, dans mon cas ce n’est pas trop difficile puisqu’elle mesure encore 1,5 cm et qu’elle est dure sous la sonde. Ensuite, la radiologue qui n’est pas en blouse parce qu’elle est arrivée il y a deux minutes et qui a les mains qui sentent la clope, enfile des gants et anesthésie mon sein. Ce n’est jamais très agréable d’avoir une piqûre dans les miches. J’espère ne jamais revivre ça. Ensuite, elle passe un fil en métal très fin jusqu’à la tumeur qui servira de ‘fil d’Ariane’ à la chirurgienne pour la guider et gagner du temps pendant l’opération. Elle pose un gros pansement pour ne pas que le fil bouge jusqu’à mon passage au bloc. Puis, on change de pièce pour faire deux clichés de mammographie, j’essaie de ne pas imaginer que le fil pourrait me transpercer le sein avec la pression qu’exerce l’appareil. J’attends de nouveau au milieu du couloir qu’un brancardier me fasse regagner ma chambre… à pieds, évidemment.

 

 

J’ai 2h30 à tuer.

 

 

Vers midi, on m’emmène dans une salle, avant le bloc. On me change de lit pour me mettre sur celui sur lequel je serai opérée. J’attends une heure comme ça, je ferme les yeux, j’ai peur, quand je me laisse aller, je tremble mais j’essaie de respirer profondément et de me dire que c’est juste un très mauvais moment à passer. On me transfère au bloc où je serai opérée. Je n’ose pas bouger, les infirmières m’ont bien couverte et j’ai encore des bouffées de chaleur. Je vis l’enfer pendant ces minutes où je sens en plus des gouttes de sueur dégouliner le long de mon visage et ma blouse qui me colle. Une infirmière me caresse la main et me préviens qu’elle va piquer dans celle-ci pour enfin m’endormir. C’est évidemment désagréable et douloureux étant donné qu’il n’y a pas de graisse à cet endroit de mon corps. On me recouvre d’un drap qui souffle de l’air chaud et on pose un masque à oxygène sur mon visage. J’ai du mal à respirer avec, je sens mon cœur qui bat vite, un peu comme s’il s’emballait. L’infirmière qui caressait ma main me prévient qu’ils injectent le produit. Avec ce gros shoot, je sens mon corps s’engourdir très rapidement. J’essaie de lutter mais très vite, je m’endors.

 

 

J’ouvre les yeux en salle de réveil, mon premier réflexe est de regarder mon sein gauche, sous ma blouse. Je ne comprends pas, il n’y a pas de gros pansement blanc dessus. Un infirmier me dit que l’opération s’est bien passée, je regarde l’heure, il est 15h20. Je sombre une nouvelle fois pour une petite sieste de 30 minutes puis, je me réveille pour de bon. Des infirmières viennent régulièrement regarder sous ma blouse à coup de ‘je me permets’, je demande à l’une d’elle où est le pansement et elle m’explique que sur mes trois bobos, j’ai du gel cicatrisant avec un pansement transparent par-dessus. Assez rapidement, je regagne ma chambre, je mets bien deux heures à poser le pied par terre, j’ai la tête qui tourne et pas d’appétit (et ce, pendant plusieurs jours). Ma gynéco-chirurgienne vient me voir, elle m’explique ce qu’elle a fait : ablation de la chambre implantable, des ganglions du côté gauche ainsi que la tumorectomie. Elle a retiré la tumeur en passant pas le mamelon, qu’elle a ensuite recousu. Elle a fait du bon travail, je le sais. Ma tumeur est partie aux analyses, je saurai dans une quinzaine de jours si elle est toujours cancéreuse  et si je dois commencer la chimio par médicaments.
Je suis sortie de l’hôpital un peu avant 20h, très affaiblie mais heureuse.
Depuis, je suis fatiguée, mon moral est très mitigé (pour faire court, j’en chie), sous mon bras, ça tire et dans mon sein, ça picote et ça fait mal.

 

Voilà le récit de ma folle journée de mercredi et de ma tumorectomie, sans jugements, sans filtres, brut.

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8 commentaires

  • Syssy73 says:

    Bon courage tu as fait du chemin prends soin de toi bon rétablissement le pire est derrière 😉

  • Lili says:

    Encore une étape de franchie…courage tu l’auras ce p….n de crabe! Prends bien soin de toi…

  • J’ai lu tout cela avec beaucoup d’émotions. Je trouve ça chouette que tu racontes les choses telles qu’elles se sont passées pour toi, avec toute la froideur de l’hôpital… Je n’imagine même pas ton angoisse pendant l’attente, moi qui ai du vivre un millionième de la tienne lorsque je me suis faite opérée pour un truc tout con (en même temps ma grand-mère m’a souhaité bon courage la veille en me parlant comme si j’allais y rester donc pas trop rassurant ^^). Bon sinon ces blouses (la mienne était transparente…) on en parle ou pas ? Ils pourraient au moins fournir un gilet en plus quoi ou un système plus respectueux de l’intimité (déjà qu’on oublie le style !).

  • Christiane says:

    Je suis très touchée par ton texte, par ton ressenti sur cette intervention chirurgicale… Je suis ébahie et consternée par le manque de soutien de l’équipe hospitalière avant et après l’opération…😕🙁 Il me semble que rassurer et réconforter une patiente dans cette situation est la moindre des choses!
    Je sais que c’est un moment difficile à vivre. Les douleurs (cicatrices, difficulté pour bouger le bras,etc…) finiront par s’atténuer. L’attente des résultats d’analyse sur la tumeur m’a semblé interminable (d’autant que, dans mon cas, ils ont dû demandé un complément d’analyses sur les gènes)! J’espère que tes résultats seront bons…
    Je pense très fort à toi. (Pour moi, c’est chimio lundi prochain: ma dernière EC100…)
    Amitiés

  • Hélène says:

    Coucou,
    Pour ma part je serai opérée le 12 novembre, mais c’est bien de lire ton expérience !
    Par contre à Vannes ils enlèvent le pac au bout de 2 ans ! Grr
    Bisous

  • ariel kynodontas says:

    Coucou Hélène,
    Bon courage pour ton opération, sais-tu à quelle sauce tu vas être mangée ?
    J’espère que tu ne stresses pas trop.
    Des grosses bises.

  • Hélène says:

    Coucou
    En ce qui concerne l’opération je passe donc sur le billard le 12 novembre en fin de matinée.
    Donc tumorectomie, ou plutôt clipectomie puisque il n’y a plus de tumeur palpable.
    Puis curage axiliaire.

  • ariel kynodontas says:

    C’est une super nouvelle ça ! Je suis tellement contente pour toi, c’est génial !
    Vite vite, que tout soit derrière toi !
    Des bisous

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