Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 30 août 2019

K.

Hier, j’ai voulu me raser la tête pour remonter le temps,
pour être prise à nouveau pour une nana au plein cœur du bain chimiothérapeutique.
La maladie protège, englobe. Le cancer fragilise et bousille tout.
Je suis incapable de travailler à l’heure actuelle. Je suis faible. Je craque, je m’effondre. La chimio m’a grillé quelques neurones, je n’ai plus de mémoire.
Mon médecin m’a dit que ce n’était pas possible d’être à ce point surhumaine, d’avoir autant encaissé -presque- sans broncher. Il pense aussi que je fais une dépression post-cancer. Pourquoi est-ce tant tabou ?
Il a également senti une petite boule sur mon sein malade
sous mon téton recousu.
Je dois donc faire une échographie. + (rectification) une mammographie.
Ma partie sombre, celle à qui cela manque d’être choyée comme une cancéreuse, voudraisaimeraissouhaiterais que oui, le crabe soit revenu.
J’ai honte, je suis pourrie gâtée, ce n’est jamais vraiment terminé.
Mes mains fourmillent de stress et ma tête ne cesse de tourner, d’avoir autant foutu tout en l’air.
J’ai tout envoyé balader. J’ai tout détruit sur mon passage. Je suis un séisme.

Excuse-moi Wendy.
Excuse-moi Arthur.
Excuse-moi Anne-Laure.
Excuse-moi Charlotte.
Excuse-moi Laurent.
Excuse-moi Lyliane.
Excuse-moi Brigitte.
Excuse-moi Gilles.
Excuse-moi William.
Excuse-moi Cäcilia.
Excuse-moi Maman.
Excuse-moi Papa.
Excuse-moi Nathalie.
Excuse-moi Ailie.
Excuse-moi Lucie.
Excuse-moi Jackhammer.
Excuse-moi Black Horns.
Excuse-moi Hubert-Yolande.
Excuse-moi Maïlys.

Comment me reconstruire seule après un cancer ?
Comment apprendre à vivre seule ?
Comment arrêter de penser à la mort ?
Comment apprendre à m’aimer ?
Je suis toujours malade.
J’aimerais fuir, fuir ma vie, fuir mon passé, fuir mon corps et mon cœur, fuir mes souvenirs, fuir et retrouver la douleur, être vivante et morte, fuir le monde, fuir les gens qui me connaissent.
Ai-je déjà touché le fond ? Je pense pouvoir tomber encore plus bas, mais alors, où est la limite ?

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2 commentaires

  • Audrey says:

    Quel cran, quelle plume et quel courage. Quelle femme forte et incroyablement fragile tu es tout à la fois. Merci pour être cette voix, pour oser partager cela, témoigner de ce qui est silencieux, douloureux avec tant d’authenticité. Je te souhaite de la douceur et de la force dans chaque jour à venir.

  • val says:

    C’est normal cette souffrance, il faut je pense, je ne suis pas spécialiste, que tu fasses le deuil de ta maladie, tu souffres psychologiquement et cela se répercute sur ton corps, ton état tout entier, voir un thérapeute serait peut être une aide. Il faut que tu réapprennes à vivre sans tout ce qui te liait avec cette maladie, te reconstruire physiquement et psychologiquement pour te sentir libre, légère à nouveau. Faire des projets t’y aideront, de voir ta fille pleine de vie aussi, la suite viendra, il faut être patiente, une nouvelle vie s’offre à toi. On t’aime tous très fort.

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