Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 5 octobre 2018

Le poids, la bouffe, le gras.

Photo : Megan Jayne Crabbe, anorexic survivor.

 

 

J’ai encore trouvé une nouvelle bonne raison d’écrire sur ce blog, je souhaite lever le voile sur quelques tabous qui habitent notre société et les rapports humains en général. Certaines personnes trouveront peut-être que je me dévoile trop ici, d’autres que mes propos peuvent être choquant. Alors tant pis, je prends ce risque, j’écris en tout état de cause.

 

Le rapport que j’entretiens avec mon poids a toujours été très compliqué, comme beaucoup.

J’ai sauté sans avoir peur du vide, de branche en branche, en agitant frénétiquement les bras pour que l’on me remarque et qu’on s’occupe de moi.

Je me suis baladée pendant plus de dix ans, avec une aisance troublante et sans aucune honte, entre différents troubles du comportement alimentaire.

 

Depuis mes 11 ans, je suis habituée à avoir un contrôle quasiment parfait sur mon corps, c’est bien simple, il a toujours plus ou moins fait ce que je lui demandais. Nous étions des alliés lui et moi avant que le crabe se tape monstrueusement l’incruste dans notre relation.

J’avais moi aussi, l’image de la cancéreuse avec le visage émacié et ayant perdu beaucoup de poids à cause des chimios, des nausées… Ce que je ne savais pas c’était qu‘environ la moitié des femmes prenaient du poids pendant les traitements qui soignent un cancer du sein. J’avoue qu’au début, je pensais que si je me trouvais un peu plus en chaire, c’était uniquement dû au fait que j’avais moins envie de lutter contre le camembert qui me faisait de l’œil, le paquet de chips qui m’appelait littéralement et je ne voulais tout simplement pas m’imposer la tristesse d’une fin de repas sans la moitié de la tablette de chocolat noir aux cristaux de sel…

Mais il y a autre chose, que personne ne m’a clairement dit mais, que j’aurais pu deviner. Une femme ménopausée, elle prend du poids sans changer quoi que ce soit de son alimentation… Et la fatigue, les essoufflements et les courbatures, provoquent une grosse flemme de bouger son cul pour faire une quelconque activité physique. Vous les voyez arriver les bourrelets en plus au milieu du ventre, la cellulite tant détestée par les diktats que nous imposent la société, le cuissot plus bombé ainsi que les joues légèrement plus rembourrées ?

 

Alors, c’est sûr, avec ces quelques kilos en plus, la bouille rosée, je n’ai pas l’air malade.

 

Je ne maîtrise plus complètement mon corps, certaines choses m’échappent, il mène un peu sa vie à part et moi, j’ai décidé d’enfin lui lâcher la grappe.
J’espère que ce cancer m’aura au moins permis de repartir sur une relation plus apaisée et bienveillante avec lui et que nous allons fonder de bonnes bases pour le reste de notre vie.

 

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