Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 31 mai 2018

Une vie (non, pas le bouquin horrible de Maupassant) presque normale.

Depuis mardi je vais plutôt bien car la maladie est un peu moins présente. Je suis fatiguée bien sûr, mais je l’étais déjà avant le cancer donc nothing new. D’ailleurs, deux questions me taraudent depuis que j’ai appris LA nouvelle. Étais-je très fatiguée à cause de ce mal qui grandissait dans mon nichon puis s’étendait jusqu’à mon aisselle ? Ou, tout simplement parce  que j’étais très stressée, surmenée et que je ne prenais quasiment jamais une minute pour moi… ?

 

Au début, j’étais persuadée que c’était mon corps qui avait créé ce foutu crabe. Et probablement en réponse à la trop grande violence et pression que lui avait imposées ma tête. Cette hypothèse me rend encore une fois coupable, je serais donc la seule a blâmer. Mais elle a également quelque chose de rassurant puisque si je l’ai créé alors… je peux ‘facilement’ (tout est relatif, à l’aide du poison/chimio et pas en m’aspergeant d’huile essentielle de curcuma hein… ) m’en débarrasser. Mon médecin m’a prévenue qu’il y avait une forte chance pour que la génétique ait joué un grand rôle dans tout ce bordel. Ce qui foutrait en l’air ma première hypothèse. J’en saurais plus dans un an ! Ça va…. C’est pas dans si longtemps que ça !

 

Ce bout de vie presque normale est une petite fierté puisque j’ai pu m’occuper de ma fille seule. Et je ne me suis pas contentée de rester à la maison avec elle. Non non non, on a même été faire des courses ! Courses pour… préparer l’arrivée du nouveau membre de notre famille que nous appellerons pour le moment « petit chaton mignon » (oui, très original comme nom). C’était fatiguant car j’ai de plus en plus de mal à être dans un lieu où il y a du monde. Je suis peut-être parano mais je sens constamment le regard des autres et plus particulièrement des autres femmes sur moi (et encore plus particulièrement des petites vieilles). Je me doute que ces regards fuyants ne sont pas remplis de méchanceté ou de mépris. Ils sont même sûrement plein de compassion mais ils m’oppressent. Et quand le moral n’est pas au top, je me dis qu’elles se disent : « la pauvre gamine d’avoir une mère malade », « est-ce qu’elle est vraiment capable de s’occuper d’elle ». Bref, arrêtez de m’effleurer du regard ou alors regardez-moi vraiment et souriez-moi, comme certaines font.

J’ai également été cherchée Blondie à l’école, seule, ce qui veut dire que j’ai conduit (comme pour les courses d’ailleurs). Hiiiiiiiiii -> cri de joie. Les gestes simples du quotidien que l’on fait instinctivement deviennent une mission lorsqu’on combat le cancer. J’aimerais pouvoir vivre à peu près normalement de la sorte entre chaque chimio, ça serait le top… (non je ne vais pas te prier pour si peu p’tit Jésus des cancéreux !).

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