Ariel Kynodontas

Fighting The Crab

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canine le 28 janvier 2019

Attention, article qui respire la joie de vivre.

Image : Sourire d’enfer, ma vie devient compliquée.

Je trouve à peine le temps pour écrire. Je dois aller vite. Ma formation me prend beaucoup de temps, je suis passionnée. Je ne vois pas le temps passée à m’appliquer et à étudier cette langue qui m’est chère.
Je trouve à peine le temps pour écrire et pourtant.
Je passe encore par toutes les émotions.
Je suis par moment vide, comment continuer à aimer, à ressentir lorsque je programme à l’intérieur, déjà ma mort.
Je me sens en sursis. Fatiguée, souvent triste lorsque je reprends conscience que j’ai un cancer, un triple négatif (au cas-où ce détail vous aurait échappé).
Parfois, je me projette très très loin, en oubliant toute cette histoire de maladie. J’imagine ma vie dans plusieurs années, me battre encore et toujours contre vents et tempêtes, écrire des trucs, réaliser d’autres trucs, être épanouie émotionnellement, personnellement, professionnellement. Je vois grandir ma fille.
Et parfois, je réalise que je ne la verrai peut-être pas grandir. Qu’il se peut qu’un jour on me repropose une chimio pour me soigner. Mon corps supportera-t-il toute cette chimie et la fatigue qu’elle entraine ?
Pourquoi penser au pire, me direz-vous, pourquoi penser au pire alors que les traitements ne sont même pas encore terminés.
Je ressemble à présent à une personne non-malade. C’est donc, plus facile à vivre ‘en société’ lorsque tous les yeux ne sont pas rivés sur moi et que je n’imagine pas les gens se dirent ‘la pauvre fille, elle est jeune pourtant’.
Mais qu’en est-il de ce putain d’aspect physique ?
Le body-positivisme est loin d’être facile tous les jours.
Souvent, je ne supporte pas de me regarder dans le miroir. Il y a ce que je pense refléter (la moi d’avant) et ce que je reflète vraiment (cette meuf banale aux cheveux courts). Je ne me trouve pas jolie.
Je n’assume pas mon physique. J’ai l’impression d’être une ado qui se cherche. Je ne sais plus faire. Ou qui je suis maintenant.
Je ne peux pas reprendre ma vie comme je l’ai laissé, je ne veux pas.
Et encore, quelques autres fois, je ressens de la gratitude pour ce que m’apporte quotidiennement la maladie. Cette bonne excuse pour vivre ma vie à fond, pour plus penser à moi. Cette prise de conscience de ce que je voulais vraiment et de comment je souhaitais construire ma vie.
Mais, j’ai encore envie de pleurer sur mon sort. La vie continue, comme d’hab, rien ne peut s’arrêter. Chacun sa merde.
Je veux répondre aux questions, continuer à témoigner et partager.

Deux articles en deux jours ?!
C’est que le moral des troupes est bas, mon capitaine.

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4 commentaires

  • roseline says:

    Bonjour, je lis tous tes posts c’est normal de te poser toutes ces questions et c’est aussi normal et légitime de passer par des phases de découragements et questionnements, mais dans ce que j’ai pu lire jusqu’à présent moi je vois une jeune femme volontaire et courageuse, je n’ai pas besoin de te le dire parce que je sais que tu le feras, fais un beau pied de nez à ce fichu crabe, et continue de rêver à tous les beaux moments que tu passeras avec ta princesse quand elle grandira .Rose de Groix

  • Syssy says:

    Ben zut alors je m attendais à lire un texte hyper positif et pleins d optimiste c est raté 😊
    Tu sais c st normal d avoir des hauts et des bas même quand on n est pas malade 😁
    Moi aussi triple négatif mais ne focalise pas là dessus on peut vivre longtemps et voir nos petits enfants…la durée de vie n est inscrite pour personne et heureusement !!!
    Je t embrasse
    Courage

  • TATA BROCOLI says:

    Je ne peux que t’envoyer tout mon amour au milieu de ce marasme…

  • Christiane says:

    Le traitement que tu suis depuis de nombreux mois est long et lourd, il n’est donc pas illogique que tu passes par tous ces états d’âme. Ne culpabilise pas pour ce que tu ressens, tu as le droit de vivre pleinement tes émotions quelles qu’elles soient. Profite à fond de ce qui te fait du bien: ta fille, ton conjoint, famille et amis et bien sûr ta formation.

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